Lancée par sa victoire contre la Belgique, la France débarque en Ukraine avec l'obligation d'enchaîner. Si le cas Tony Parker fait débat, les Bleus ne doivent pas se rater face à une équipe ukrainienne limitée.
Après sa victoire sur la Belgique, l'équipe de France doit résoudre sa deuxième équation des qualifications à l'Euro 2009 samedi à Kiev face à l'Ukraine, avec en préambule une inconnue, inhérente à sa vie interne: Tony Parker va-t-il intégrer le cinq majeur ? La question peut paraître anecdotique et elle l'est d'une certaine façon. Le triple champion NBA, débarqué en sauveur il y a deux semaines, n'a pas joué les cinq premières minutes de France-Belgique mercredi. Et alors ?
Alors pas grand-chose vu le score final (82-63). Mais quand-même un petit doute vu le score initial (1-11) et surtout la réaction de Parker qui n'a pas caché sa surprise voire son irritation de suivre les débuts sur le banc. "Tout le monde sait ce que j'en pense. Voir, alors qu'on débute la vraie compétition, que moi, Nando (De Colo) et Yakhouba (Diawara) ne commencent pas, ça fait bizarre. J'espère qu'on ne va pas faire la même chose contre l'Ukraine mais qu'on commence avec un bon cinq et qu'on s'habitue à jouer ensemble."
Un plaidoyer qui ressemble à s'y méprendre à une revendication que le sélectionneur Michel Gomez a accueilli en grinçant des dents: "Il ne faut pas que Tony se prenne la tête sur un bon ou un mauvais départ mais qu'il fasse confiance à ses coéquipiers. Son incorporation très tardive fait qu'il ne connaît pas tout de notre jeu. D'ailleurs, on a fait le trou lorsqu'il a été sur la touche au troisième quart-temps."
-L'Ukraine diminuée :
d'autorité ? Rapport de force ? Peut-être, mais pas forcément vu le désir de Gomez d'impliquer tout le monde et l'accent qu'il met sur le fait d'avoir Parker sur le terrain surtout en fin de match. Son choix de lancer face à la Belgique un cinq de départ assez inattendu avec Tchicamboud, Gradit et Soliman a néanmoins fait causer. Et le fait est que face à des équipes mieux armées un faux départ risque d'être plus ardu à rattraper.
L'Ukraine est-elle une de ces équipes ? En théorie oui. En pratique moins car la sélection de Valentyn Melnychuk est, elle aussi, privée de plusieurs cadres, ce qui amoindrit considérablement sa capacité de nuisance. Ainsi Kyrylo Fesenko a "disparu dans la nature après le premier stage", selon son entraîneur qui doit également se passer de son autre pivot NBA, Olexei Pecherov, ancien du Paris BR. Quant aux deux leaders restants, Serhiy Lishchuk et Artur Drozdov, ils ne sont pas encore au mieux, le deuxième, ex-joueur de Pau-Orthez, traînant notamment une douleur à un genou.
-Contrôler la mécanique interne:
Résultat, la préparation ukrainienne, perturbée de surcroît par un conflit entre la Fédération et certains clubs, a été encore plus chaotique que celle des Français et leur premier match qualificatif en Turquie a été sanctionné par une défaite logique (86-73), malgré trois joueurs de plus de 2,10 m et un pourcentage éloquent à trois points (53%).
Si le contexte d'un match à l'extérieur dans une salle qu'on annonce chaude force à la méfiance, la France semble donc avoir largement les moyens de faire un pas vers l'une des deux premières places de son groupe. Surtout si Nando De Colo, après ses 28 points face à la Belgique, continue à avoir la main chaude et que des cadres comme Tariq Kirksay et Ronny Turiaf montent en régime. Reste à contrôler la mécanique interne du groupe bleu où il n'est pas certain que Tony Parker accepte longtemps la donne imposée par Gomez si jamais celui-ci s'obstine dans ses choix.
Publié le : 06/09/2008 à 13h07