Etrillé à Chelsea en Ligue des Champions (4-0), Bordeaux doit se relancer samedi à Grenoble lors de la 6e journée de Ligue 1. Le président Triaud attend une réaction de ses hommes, qui n'ont pas existé à Stamford Bridge et ont perdu tous leurs matches à l'extérieur depuis le début de la saison.
Rien n'est plus difficile qu'un "après-Ligue des Champions". N'importe quel joueur qui a tutoyé les étoiles et entendu la musique accompagnant les soirées de C1 vous le dira. Néanmoins, il arrive parfois que le retour sur terre se fasse plus rapidement et brutalement que prévu. Bordeaux peut en témoigner. Pour les Girondins, le rêve ne s'est pas éternisé. Lancés dans le grand bain sur la pelouse de Stamford Bridge, les joueurs de Laurent Blanc se sont noyés et sont déjà revenus aux dures réalités du quotidien hexagonal. Un quotidien qui les amènera à Grenoble, samedi lors de la 6e journée de Ligue 1.
Du côté du stade des Alpes, les Girondins savent déjà qu'il va falloir remettre le bleu de chauffe (qui sera d'ailleurs marine et rose). Mardi soir à Stamford Bridge, les Bordelais ont sombré face aux puissants de Chelsea. Les Londoniens se sont imposés 4-0. Deux buts en première période, deux en seconde. Circulez, il n'y a rien à voir. Les Girondins n'ont pas vu le jour. Laurent Blanc le regrette. "Ce n'est pas très plaisant de prendre 4-0. Quand on analyse le match, on s'aperçoit qu'on n'a pas été à la hauteur. On fait profil bas, on est un peu honteux. C'est la manière, l'attitude qui m'a déçu, on n'a rien démontré. Cela peut paraître paradoxal mais mes joueurs étaient motivés. Mentalement, on ne l'a pas abordé de la bonne façon. Contre une des meilleures équipes européennes, on en paye le prix et à la sortie, le prix, c'est quatre. On a la chance d'avoir un match important samedi, de se rattraper à l'examen qui sera tout autant difficile pour diverses raisons."
Nouveau statut, nouvelles obligations
Même si Grenoble devance les Girondins au classement (ndlr : le GF38 est 4e, les Girondins sont 10e), le gros reste Bordeaux. Mais ce gros de la Ligue 1 vacille et ne peut même pas s'offrir le luxe d'un petit relâchement post-européen. Toutes compétitions confondues, les hommes de Laurent Blanc ont perdu la totalité de leurs rencontres disputées loin de Chaban-Delmas (trois déplacements, trois revers). Il est temps de se réveiller, au risque de laisser filer Lyon et Marseille, les deux autres sérieux prétendants aux hautes distinctions nationales.
Marc Planus veut croire au réveil girondin. "Je l'espère en tout cas ! On doit se servir de cette colère individuelle pour rebondir collectivement, lance-t-il dans les colonnes de Sud-Ouest. On n'oublie pas que le championnat reste notre pain quotidien. À Grenoble, on va tomber sur une équipe euphorique, composée de joueurs revanchards et expérimentés. Ce sera très compliqué, mais il faut se dire que des matches de ce style, il y en aura beaucoup d'autres dans la saison. J'espère qu'on saura répondre collectivement à leur envie." Il n'est pas le seul.
Nouveau statut, nouvelles obligations. Même si Laurent Blanc pense que l'on a vu les Girondins "trop beaux" après leur saison 2007/2008 réussie, le président Triaud attend des performances du même acabit que celles de l'exercice précédent. A Stamford Bridge, il a eu l'impression de revoir ce qu'il avait vu lors de la dernière apparition des Marine et Blanc en Ligue des Champions et attend le réveil de ses troupes. "Je leur ai demandé une réaction à Grenoble mais je préfère les motiver et trouver des arguments pour les aider, les motiver, les rassurer, explique-t-il. Un discours plus musclé pourrait avoir l'effet inverse." L'heure du coup de pied aux fesses n'est pas encore venue. Et les joueurs savent ce qu'il leur reste à faire pour éviter d'en arriver là.
Publié le : 20/09/2008 à 03h17