Parti de la 15e place sur la grille, Fernando Alonso (Renault) a remporté le Grand-Prix de Singapour, devant Nico Rosberg (Williams) et Lewis Hamilton (McLaren). Pour la première fois depuis 46 Grand-Prix, Ferrari n'a pas marqué le moindre point.
L'Espagnol Fernando Alonso (Renault) a remporté le Grand Prix de Singapour, quinzième épreuve de la saison et première course de l'histoire de la Formule 1 disputée de nuit, dimanche sur le circuit urbain de la cité-état. Alonso, dont la dernière victoire remontait à Monza 2007, s'est imposé à l'issue d'une course animée devant l'Allemand Nico Rosberg (Williams) retrouvé. Troisième, le Britannique Lewis Hamilton (McLaren-Mercedes) a réalisé une bonne opération au classement du Championnat du monde en profitant des malheurs de Felipe Massa (Ferrari).
Le Brésilien a perdu toutes ses chances dans un ravitaillement cauchemardesque où il arrachait le tuyau de ravitaillement en essence et renversait un de ses mécaniciens. Il a terminé 13e, très loin des points. Les Allemands Timo Glock (Toyota, 4e), Sebastian Vettel (Toro Rosso, 5e), Nick Heidfeld (BMW Sauber, 6e), le Britannique David Coulthard (Red Bull, 7e) et le Japonais Kazuki Nakajima (Williams, 8e) se sont partagés les autres points. Alonso, 14e sur la grille, a profité d'un peu de chance lors de la première intervention de la voiture de sécurité, entrée en piste après l'accident de son coéquipier, le Brésilien Nelsinho Piquet. L'Espagnol venait de ravitailler et il a pu ainsi remonter tous les autres pilotes qui eux se sont arrêtés alors que la voiture de sécurité était en piste.
Le cauchemar de Massa
Le Finlandais Kimi Raikkonen (Ferrari) n'a pas vu l'arrivée, sorti de la piste à quatre tours du but. Le Polonais Robert Kubica (BMW Sauber) n'a pas inscrit de points non plus, 11e. Au départ, Massa, parti en pole, restait aux commandes. Hamilton, deuxième, et Raikkonen, troisième, conservaient leurs positions. Plus loin dans le peloton, l'Italien Jarno Trulli (Toyota), neuvième, faisait bouchon. Le peloton s'étirait jusqu'au 14e tour quand Nelsinho Piquet détruisait sa Renault contre un mur. Les deux Red Bull de Webber et Coulthard se précipitaient aux stands juste avant la sortie de la "safety car", ce qui était permis.
En revanche, Rosberg et Kubica, le réservoir vide, étaient contraints de ravitailler alors que la voie des stands était fermée. Ils écopaient par la suite d'une pénalité de stop and go (passage par les stands avec arrêt). Lorsque la voie des stands (pit lane) était réouverte, deux tours plus tard, les deux Ferrari rentraient ravitailler. Là commençait le cauchemar de Massa. La Scuderia ne dispose pas d'un préposé à "la sucette" pour autoriser le pilote à repartir une fois le plein d'essence terminé et les pneus changés. A la place, un système de diodes le libère une fois le travail fini.
Les malheurs de Piquet font le bonheur d'Alonso
Mauvais contact ou fausse manoeuvre, en tout cas Massa voyait la diode verte s'allumer alors que le tuyau de ravitaillement en essence était toujours accroché à sa voiture ! Il arrachait tout, renversait un mécanicien et s'arrêtait au bout des garages en attendant que ses mécanos accourent pour détacher le tuyau ravitailleur. Le regard noir, le petit Brésilien repartait bon dernier. Peut-être le tournant du championnat... Comble de tout, il était pénalisé d'un drive through (passage par les stands) quelques instants plus tard pour avoir en outre failli accrocher une autre voiture en repartant de son arrêt.
Les autres leaders ravitaillaient de leur côté normalement et quand la voiture de sécurité libérait le peloton Rosberg menait la meute devant Trulli et Fisichella, les deux seuls à ne pas s'être arrêtés. Rosberg et Kubica effectuaient leur stop and go et c'est Trulli, le pilote probablement le plus lenten piste, qui prenait les commandes devant Alonso, Rosberg et Coulthard. Trulli effectuait peu après son unique ravitaillement et Alonso pointait à son tour en tête.
L'Espagnol, à l'aise sur cette piste comme le prouvaient ses meilleurs temps dans les deuxième et troisième séances d'essais libres, avait vécu une sacrée désillusion en qualifications, victime d'un problème mécanique. Ironiquement c'est grâce à la sortie de piste de son coéquipier qu'il pointait dorénavant en tête. Une seconde sortie de la voiture de sécurité après l'accident d'Adrian Sutil (Force India) ne le perturbait pas et il remportait la première course de nuit.
Publié le : 28/09/2008 à 23h09